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Comprendre les PFAS : ces substances chimiques toxiques qui menacent notre santé et notre environnement

Les PFAS, surnommés « polluants éternels », refont discrètement surface dans les médias. Invisibles, inodores, mais omniprésents, ces substances chimiques ultra-persistantes s’accumulent dans les sols, les eaux, les organismes vivants… et jusque dans nos corps. Leur dangerosité ne fait plus débat : ils inspirent même le cinéma, comme le montre Dark Waters, un film choc avec Mark Ruffalo qui dénonce l’ampleur d’une contamination passée sous silence pendant des décennies. Présents dans des milliers de produits du quotidien, ces composés toxiques soulèvent aujourd’hui de vives inquiétudes chez les experts en santé publique. Pourquoi sont-ils si durables ? Et surtout, quels sont leurs effets sur notre santé et notre environnement ?

Qu’est-ce que les PFAS ?

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, désignent une vaste famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques, développés dans les années 1940, initialement à des fins militaires. Très vite, ces molécules industrielles aux propriétés remarquables — antiadhérence, résistance à la chaleur, effet déperlant, stabilité chimique — se sont imposées dans des milliers de produits du quotidien.

Leur secret réside dans leur structure moléculaire : une chaîne de carbone solidement liée à des atomes de fluor. Ce lien fluor-carbone est l’un des plus solides de la chimie organique, rendant ces substances quasi indestructibles. Ni les bactéries, ni la lumière, ni les processus naturels ne parviennent à les dégrader efficacement. Hydrophobes et lipophiles, elles s’accumulent dans l’environnement, les organismes vivants, et dans nos corps, pour des décennies, voire des siècles.

Aujourd’hui, leur usage massif soulève de sérieuses inquiétudes. Car derrière leur utilité apparente se cache une pollution invisible, persistante… et dangereuse.

Où trouve-t-on ces substances chimiques dangereuses ?

Les composés perfluorés sont présents dans une multitude de produits du quotidien. Leur pouvoir imperméabilisant, antiadhésif, antitaches et leur résistance thermique en font des alliés incontournables pour l’industrie. Ils sont littéralement partout. Leur présence s’est généralisée dans les produits industriels, ménagers et alimentaires, ce qui rend l’exposition presque inévitable :

  • Revêtements antiadhésifs : les célèbres poêles Teflon® sont parmi les exemples les plus connus.
  • Textiles techniques et imperméables : vestes de pluie, chaussures outdoor, tentes, sacs à dos.
  • Cosmétiques et produits d’hygiène : mascara waterproof, fond de teint longue tenue, crèmes solaires, dentifrices fluorés.
  • Emballages alimentaires : boîtes à pizza, sachets micro-ondables, emballages de fast-food, sacs à popcorn.
  • Mousses anti-incendie : massivement utilisées dans les aéroports, raffineries et installations militaires.
  • Peintures, vernis, produits de nettoyage.

Une fois rejetés dans l’environnement, ces polluants chimiques persistants contaminent les nappes phréatiques, les rivières, les cultures, les animaux… et finissent par remonter la chaîne alimentaire. Même les régions éloignées de toute activité industrielle présentent aujourd’hui des traces de substances chimiques persistantes.

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Comment les PFAS s’introduisent-ils dans notre corps ?

Les voies d’exposition sont multiples :

  • Inhalation : via les poussières domestiques, les fumées, les particules.
  • Ingestion : par l’eau potable, les aliments contaminés, les ustensiles de cuisine.
  • Absorption cutanée : à travers les produits cosmétiques ou textiles traités.

Le problème est que ces substances ne sont pas métabolisées par l’organisme. Elles s’y accumulent lentement, principalement dans le sang, le foie, les reins et les tissus graisseux. Leur demi-vie biologique peut dépasser 5 à 8 ans pour certains, ce qui signifie qu’une exposition chronique, même minime, entraîne une contamination durable. Les chercheurs en ont même retrouvé dans le lait maternel.

Quels sont les effets des PFAS sur la santé ?

Les études scientifiques sont de plus en plus nombreuses à démontrer la toxicité des composés perfluorés pour les humains comme pour les animaux. Voici les principaux risques documentés :

Perturbateurs endocriniens

Les polluants éternels interfèrent avec le fonctionnement hormonal, notamment les hormones thyroïdiennes, sexuelles ou de croissance. Ils peuvent favoriser :

  • des troubles de la puberté,
  • des dysfonctionnements menstruels,
  • des baisses de fertilité,
  • des complications pendant la grossesse.

Cancérogénicité

Certains PFAS, comme le PFOA, sont classés depuis 2023 comme appartenant au groupe 1 (Cancérogène certain) par le CIRC. Des études épidémiologiques les lient à une augmentation des cancers du rein, des testicules, du foie et de la prostate.

Altérations immunitaires

Les substances chimiques persistantes diminuent l’efficacité du système immunitaire. Chez les enfants, ils sont associés à une réduction de la réponse vaccinale (notamment à l’hépatite B et la diphtérie) et à une plus grande fréquence d’infections.

Troubles métaboliques

Ils sont impliqués dans le développement :

  • du diabète de type 2,
  • de l’obésité,
  • de la dyslipidémie (excès de cholestérol).

Neurotoxicité et troubles du développement

Des liens sont observés entre une exposition prénatale ou infantile aux polluants éternels et :

  • un QI plus faible,
  • des troubles de l’attention,
  • des troubles du spectre autistique,
  • des retards de langage.

Il faut souligner que les enfants, les femmes enceintes et les personnes vulnérables sont particulièrement exposés aux effets délétères de ces polluants chimiques.

En tant qu’infirmière, ce qui m’inquiète le plus avec les PFAS, c’est l’effet ‘cocktail’ et l’accumulation silencieuse. Dans mon parcours de soignante, j’observe une hausse des troubles thyroïdiens inexpliqués. Les PFAS, en mimant nos hormones, dérèglent l’équilibre fragile de notre système endocrinien. La prévention n’est plus une option, c’est une nécessité de protection vitale.

Une contamination généralisée en France

Entre 2014 et 2016, Santé Publique France a mené une vaste campagne de biosurveillance. Résultat : 100 % des 2 500 participants présentaient des PFAS dans le sang. La contamination est massive, même dans des zones éloignées de l’activité industrielle.

Des analyses de l’eau potable en 2023 ont révélé que plus de 20 millions de Français consommaient une eau contenant des PFAS, parfois à des concentrations largement supérieures aux seuils recommandés. Les régions les plus touchées ? L’Est de la France, l’Île-de-France, la Vallée du Rhône, la Bretagne et certaines zones agricoles.

En 2023, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le PFOA comme cancérogène pour les humains et les PFOS comme possible cancérogène(3).

À l’échelle de l’Union européenne les effets sur la santé des polluants éternels coûteraient entre 52 et 84 milliards d’euros par an. Mais alors, quelles sont les réglementations mises en place ?

👉 20 millions de Français consomment une eau contenant des PFAS. Pour savoir comment protéger votre foyer, consultez notre guide complet : Quelle eau boire aujourd’hui face aux polluants ?

Quelle réglementation encadre les PFAS ?

Niveau international :

  • La Convention de Stockholm a interdit progressivement les PFOS (2009), puis les PFOA (2020).
  • Les limites dans l’eau potable ont été fixées par l’UE à 0,10 µg/L (pour l’ensemble des PFAS) et 0,50 µg/L pour les substances individuelles.

En France :

  • La loi du 23 avril 2024 (votée en 2025) prévoit l’interdiction des PFAS dans :
    • les produits cosmétiques, textiles, chaussures et farts de ski dès 2026 ;
    • tous les textiles d’ici 2030.
  • Des analyses systématiques de l’eau sont en cours depuis janvier 2024.
  • Une redevance « pollueur-payeur » est en discussion pour faire financer la dépollution par les industriels responsables.

Mais de nombreux acteurs jugent ces mesures trop tardives et insuffisantes face à l’ampleur de la pollution.

Peut-on s’en protéger au quotidien ?

Éliminer complètement ces substances chimiques dangereuses est quasi impossible. Toutefois, il est possible de réduire son exposition à ces produits toxiques :

  • Évitez les poêles antiadhésives : préférez les matériaux comme la fonte, l’acier inoxydable ou la céramique.
  • Fuyez les emballages gras, comme ceux des fast-foods. Optez pour du verre ou de l’inox.
  • Lavez vos vêtements neufs ou achetez d’occasion : une partie des substances indésirables aura déjà été relâchée.
  • Limitez la consommation d’aliments contaminants (poissons gras, abats, œufs).
  • Choisissez des cosmétiques labellisés (Cosmébio, Écocert, Natrue) sans composés nocifs.
  • Filtrez votre eau, même en zone rurale : de nombreuses nappes sont polluées par des produits chimiques toxiques.
  • Triez vos déchets et limitez les plastiques pour éviter de libérer davantage de composés organiques synthétiques dans l’environnement.
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👉 Les PFAS se cachent souvent derrière les emballages ingraissables de l’industrie agroalimentaire. Pour reprendre le contrôle sur ce que vous mettez dans votre panier, apprenez à décrypter les emballages grâce à notre guide complet pour lire une étiquette alimentaire.

Mon premier conseil en coaching pour assainir votre cuisine : débarrassez-vous de vos poêles rayées ! Dès que le revêtement antiadhésif est abîmé, la libération de polluants éternels dans vos aliments est massive. Remplacez-les progressivement par de l’inox ou de la céramique naturelle, des matériaux inertes qui ne migrent pas dans vos petits-déjeuners.

Les PFAS incarnent à eux seuls les dérives les plus inquiétantes de l’industrie chimique moderne : des innovations vantées comme révolutionnaires, devenues au fil du temps des menaces sanitaires et écologiques d’envergure mondiale. Malgré les preuves accablantes de leur toxicité, ces substances persistent dans nos objets du quotidien, nos sols, notre eau… et nos organismes.

Face à l’inaction prolongée des autorités et à la puissance des lobbies industriels, il devient urgent de repenser nos choix collectifs. Des politiques strictes, ambitieuses et coordonnées sont indispensables pour encadrer, limiter — voire interdire — leur usage. Mais au-delà des législateurs, chacun de nous peut aussi agir à son échelle : en s’informant, en interpellant, en réduisant son exposition et en choisissant des alternatives plus sûres.

Par exemple, dans la cuisine, il est possible d’opter pour des ustensiles garantis sans PFAS, comme ceux en inox, en fonte ou en céramique naturelle, afin de limiter les sources d’exposition au quotidien.

Car si les composés perfluorés sont « éternels », notre santé, elle, ne l’est pas. Il est temps d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.

Vos questions, nos réponses

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une large famille de produits chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1940 pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. On les surnomme « polluants éternels » car leur liaison chimique fluor-carbone est quasi indestructible, leur permettant de persister et de s’accumuler pendant des décennies dans l’environnement et les organismes vivants.

Les PFAS sont omniprésents. On les trouve notamment dans les poêles antiadhésives (Teflon®), les emballages alimentaires (boîtes à pizza, sacs de pop-corn), les textiles imperméables (vestes de pluie), certains cosmétiques (maquillage waterproof), les mousses anti-incendie, les peintures et les vernis.

Oui, les preuves scientifiques de leur toxicité s’accumulent. Ils sont reconnus comme des perturbateurs endocriniens, peuvent altérer le système immunitaire, et certains, comme le PFOA, sont classés comme cancérogènes pour l’homme (cancers du rein, des testicules). Ils sont aussi liés à des troubles métaboliques (cholestérol, diabète) et des problèmes de développement chez l’enfant.

La contamination de l’eau potable est une réalité dans de nombreuses régions. Depuis 2024, des analyses systématiques sont en cours en France. Pour connaître la qualité de votre eau, vous pouvez consulter les résultats d’analyses publiés par votre mairie ou l’Agence Régionale de Santé (ARS). En cas de doute, l’utilisation d’un filtre à eau (osmose inverse) peut réduire l’exposition.

Bien qu’il soit impossible de les éliminer complètement, on peut réduire l’exposition en :

  • Privilégiant des ustensiles de cuisine en inox, fonte ou céramique plutôt qu’antiadhésifs.

  • Évitant les emballages alimentaires jetables, surtout pour les aliments gras et chauds.

  • Choisissant des cosmétiques avec des labels écologiques garantissant l’absence de composés fluorés.

  • Aérant régulièrement son logement pour limiter l’inhalation de poussières contaminées.

Une loi adoptée en 2024 (pour application en 2025/2026) prévoit d’interdire progressivement les PFAS dans certains produits comme les cosmétiques, les textiles et les farts de ski d’ici 2026, puis dans tous les textiles d’ici 2030. La réglementation se durcit, mais de nombreux experts la jugent encore insuffisante.

C’est une question cruciale. Malheureusement, il n’existe actuellement aucun traitement médical simple ou régime « détox » prouvé pour éliminer rapidement les PFAS de l’organisme. En raison de leur structure chimique ultra-stable, le corps les élimine très lentement, sur une période de plusieurs années, voire décennies. Puisqu’on ne peut pas s’en débarrasser activement, la stratégie la plus efficace est de réduire au maximum toute nouvelle exposition. Chaque geste du quotidien (filtrer son eau, choisir des ustensiles de cuisine sans PFAS, etc.) est donc essentiel pour éviter d’augmenter la charge corporelle et permettre à l’organisme de les éliminer très progressivement.

Naturellement Sain portrait Delphine

Delphine :

Infirmière depuis 26 ans, Delphine défend une vision préventive de la santé. Elle partage des repères concrets pour mieux comprendre son corps et agir durablement sur son hygiène de vie.

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